Handball au Bénin : au-delà de la licence D/IHF, les entraîneurs appelés à changer leurs méthodes

Après cinq jours de formation à Cotonou, 32 stagiaires béninois et gabonais achèvent leur parcours vers la licence D/IHF. Au-delà des cours et de la certification, le stage a surtout insisté sur la qualité de l’encadrement des jeunes et la nécessité de mieux suivre le travail des entraîneurs.
Des entraîneurs béninois et gabonais certifiés Licence D/IHF. C'est à l'issue de cinq jours de stage qui a pris fin mercredi 9 septembre 2026 à la Maison du handball à Hindé, à Cotonou. Organisée par la Fédération béninoise de handball, la formation avait réuni 32 stagiaires, dont trois venus du Gabon, autour des méthodes d’initiation et d’encadrement au handball.
Pendant plusieurs jours, les participants ont travaillé sur les fondamentaux nécessaires à l’accompagnement des jeunes, particulièrement dans les catégories de 6 à 12 ans. Psychomotricité, principes de base, développement des qualités nécessaires à la pratique : les différents modules ont permis de revisiter les bases de l’apprentissage. Mais la formation ne s’est pas limitée au contenu théorique. Elle a également mis les stagiaires face à une question essentielle : comment rendre plus cohérentes et plus traçables les séances d’entraînement ?
De 30 cours prévus à plus de 45 heures
L’expert IHF camerounais Burchard Menguede a prolongé la formation au-delà du volume initial. « Au lieu de 30 cours comme prévu par l’IHF, Monsieur le Président, nous sommes allés à plus de 45 heures », a-t-il expliqué. Ces heures supplémentaires, accompagnées de séances de rattrapage, avaient notamment pour objectif de permettre à tous les stagiaires d’aller jusqu’à la certification. Pour le formateur, elles ont aussi favorisé une meilleure harmonisation des méthodes entre les entraîneurs béninois et gabonais.
L’un des principaux enseignements concerne la préparation des séances. Burchard Menguede a invité les participants à mettre par écrit leurs objectifs, leurs contenus et leurs évaluations. « Nous allons maintenant [...] concevoir nos séances d’entraînement, les mettre par écrit et savoir comment nous auto-évaluer », a-t-il souligné.

Cette démarche doit permettre aux entraîneurs de mesurer leur progression et d’ajuster leur travail. Le formateur entend d’ailleurs poursuivre l’accompagnement des stagiaires à travers un forum d’échanges. Pour le président de la Fédération béninoise de handball, Sidikou Karimou, cette initiative mérite désormais d’être structurée. Il a proposé la mise en place d’une commission chargée de réfléchir à la digitalisation du registre des séances, afin d’en faire un outil accessible au handball béninois, gabonais et africain.
L’essentiel commence après la formation
Pour les responsables de la Fédération, l’obtention de la licence ne doit toutefois pas être considérée comme une finalité. « L’attestation n’est pas une fin en soi », a rappelé Sidikou Karimou. Ce qui compte, selon lui, c’est « l’impact que vous apportez sur le terrain ». Le message a trouvé un écho chez les stagiaires. Kora Samourath Ayoka, porte-parole des participants béninois, a résumé les enseignements de la semaine autour de trois idées : « l’entraîneur est d’abord un éducateur », « l’entraîneur est un éternel élève » et « l’entraîneur sert le handball ».
Du côté gabonais, Amouzou Kodjo Eugène a salué la pédagogie et la disponibilité du formateur, estimant que les participants repartent avec « des compétences solides et une réelle motivation pour la suite ». Le stage s’achève donc avec une certification en ligne de mire, mais surtout avec une exigence nouvelle : mieux préparer les séances, conserver une trace du travail et mesurer les progrès. La valeur de cette formation se jouera désormais loin de la salle de cours, sur les terrains où ces entraîneurs auront la responsabilité de faire grandir les prochaines générations de handballeurs.
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