Jeu de balle au Tambourin : Jean-Mathieu Adinsi dévoile le plan pour conquérir l’olympisme

Nommé coordonnateur général de la Task Force Tambourin de la Fédération internationale de jeu de balle au tambourin (FIBaT), le Béninois Jean-Mathieu Adinsi entend contribuer à faire franchir un nouveau cap à cette discipline. Dans cet entretien, il présente le plan stratégique 2026-2036, ses ambitions olympiques et les retombées attendues pour le Bénin.
Jean-Mathieu Adinsi, vous venez d’être nommé coordonnateur général de la Task Force Tambourin auprès de la FIBaT. Que représente cette responsabilité pour vous ?
C’est une grande satisfaction et surtout une responsabilité importante. Je suis secrétaire général de la Fédération béninoise de jeu de balle au tambourin et responsable chargé de la promotion et de la formation au sein du comité de la région Afrique pour le développement de cette discipline. Je voudrais remercier tous ceux qui accompagnent le développement du tambourin, notamment les acteurs qui nous soutiennent depuis une dizaine d’années pour permettre au Bénin de se faire une place sur la scène internationale.
Vous portez désormais une initiative majeure : le plan stratégique décennal 2026-2036. Quelle est son ambition ?
L’ambition est de faire du sport tambourin une discipline véritablement mondiale, mieux organisée et capable de prétendre à une reconnaissance olympique. Le tambourin possède une riche histoire et un patrimoine technique reconnu. Mais pour transformer ce potentiel en réalité internationale, nous devons franchir une nouvelle étape dans notre organisation, notre gouvernance, notre promotion et notre développement.
Concrètement, que prévoit ce plan stratégique ?
Il repose sur cinq piliers. Le premier concerne la réforme institutionnelle, avec le renforcement de la gouvernance de la FIBaT, la modernisation de ses textes et la mise en conformité de son fonctionnement avec les exigences du mouvement olympique. Le deuxième pilier porte sur le développement international et scolaire. Nous voulons étendre la pratique sur les cinq continents, notamment en Afrique, en Asie, en Océanie et dans les Amériques. Pour avancer vers l'olympisme, il est indispensable d'élargir notre implantation géographique. Nous avons choisi les écoles et les universités comme espaces privilégiés de formation des nouvelles générations.
Sur ce point, nous avons défendu l'expertise béninoise, notamment à travers le programme PépiDAS, pour montrer que le développement du sport en milieu scolaire est possible. Je tiens à remercier notre gouvernement pour cette initiative. Le troisième pilier concerne la communication et la visibilité médiatique. Nous prévoyons une identité numérique internationale, une plateforme de diffusion et une meilleure valorisation des compétitions et des différentes variantes du tambourin.
Le quatrième porte sur les infrastructures, avec la construction d'installations accessibles et adaptées aux normes de pratique. Enfin, le cinquième concerne le financement et la solidarité. Nous devons diversifier nos ressources, mobiliser les partenaires économiques et soutenir les fédérations disposant de moyens limités.
Quels résultats concrets recherchez-vous à travers ces cinq piliers ?
Nous voulons renforcer le réseau international, développer la pratique scolaire, former des cadres techniques et des officiels internationaux, augmenter le nombre de licenciés, atteindre au moins un million d'abonnés sur les plateformes numériques et mettre en place un véritable circuit professionnel.
Notre feuille de route comporte trois grandes échéances : 2028 pour la reconnaissance et la mise en conformité institutionnelle auprès du Comité international olympique (CIO), 2032 pour intégrer le programme des Jeux olympiques de Brisbane comme sport additionnel, et 2036 pour consolider les acquis et poursuivre notre ambition olympique.
Pour atteindre ces objectifs dans les délais, la FIBaT a mis en place une Task Force Tambourin. Pourquoi cet organe ?
Il fallait un dispositif opérationnel capable d'accélérer les actions prioritaires. Nous ne pouvons pas nous contenter de laisser le comité poursuivre ses activités habituelles en espérant atteindre ces objectifs. Les échéances sont importantes. Si nous les manquons, nous risquons de devoir attendre un nouveau cycle pour relancer la procédure de reconnaissance olympique. La Task Force est organisée autour de trois pôles : la conformité aux exigences du CIO, la massification, la formation et la méthodologie, puis la visibilité. Chacun a une mission précise dans la réalisation du plan.
Quelles retombées le Bénin peut-il attendre de cette initiative ?
Le Bénin occupe une position particulière. Il est pionnier du tambourin en Afrique et a déjà bénéficié de l'accréditation pour accueillir le futur siège de la Confédération africaine de jeu de balle au tambourin. Dans le cadre de la phase pilote, notre pays devrait bénéficier de 15 terrains en terre battue sécurisés, à vocation communautaire, afin de permettre à plusieurs établissements scolaires de pratiquer la discipline. Nous prévoyons également la construction de deux gymnases mobiles préfabriqués dans certaines localités pour offrir aux athlètes des conditions d'entraînement conformes aux standards recommandés. Le Bénin fait partie des six pays africains retenus pour cette phase pilote. Chaque pays bénéficiaire devrait disposer de 15 terrains et de deux gymnases.
Vous évoquez également un projet d'infrastructure de plus grande envergure pour le Bénin. De quoi s'agit-il ?
À l'horizon de cinq ans, le Bénin devrait disposer d'une arène, un complexe sportif de haut niveau permettant d'accueillir des compétitions aux normes internationales. C'est un avantage considérable, notamment parce que notre pays est appelé à abriter le siège régional de la Confédération africaine.
Quel regard portez-vous sur la progression du tambourin en Afrique ?
L'Afrique occupe aujourd'hui une place importante dans le développement de cette discipline. Nous sommes actuellement à dix pays touchés par les actions que nous menons depuis le Bénin. C'est encourageant et cela montre que le travail engagé commence à porter ses fruits.
Un mot à l'endroit des acteurs du sport béninois ?
Cette ambition ne concerne pas uniquement le tambourin. Les retombées de cette initiative peuvent profiter à l'ensemble du mouvement sportif béninois. Nous avons besoin du soutien de tous les acteurs, des institutions aux pratiquants, pour faire avancer ce projet et porter haut les couleurs du Bénin sur la scène internationale.
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